Les pouvoirs publics ont-ils raison de ne pas avoir d’empathie pour les services d’urgence?

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Les pouvoirs publics ont-ils raison de ne pas avoir d’empathie pour les services d’urgence?

Les grèves massives dans les services d’urgence (près de 100 services en grève, dont certains depuis 3 mois) de nos hôpitaux semblent laisser les pouvoirs publics indifférents. Il s’agit là d’un très beau cas (pour ainsi dire un cas d’école) de « non-management » des relations sociales. À ce titre, on peut s’interroger sur la capacité du management public à appliquer les principes imposés aux entreprises privées, où l’exigence de dialogue est forte. Pour l’instant, la tutelle n’a manifesté aucune empathie vis-à-vis de ses salariés.

La première grève dans les services d’urgence a commencé le 18 mars 2019. Ce jour-là, c’est le service de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, qui a débrayé. aujourd’hui, 95 services ont suivi cet exemple, réclamant plus de moyens, c’est-à-dire des recrutements et des hausses de salaire pour faire face à l’afflux du public et à l’engorgement des services.

Les services d’urgence en « grève cérébrale »

Comme les urgentistes sont soumis à une obligation de service minimum, ils continuent de travailler malgré leur grève. Les urgences ne sont donc pas bloquées, et ceux qui ont tenté de ne pas venir au travail ont été réquisitionnés par les gendarmes.

Le management hospitalier se conduit ici comme on n’imaginerait pas qu’il se conduise dans le secteur privé. Face à des employés en grève, qui n’ont pas le pouvoir de bloquer leur site, les pouvoirs publics font la sourde oreille et creusent leur sillon comme si de rien n’était. D’où un pourrissement progressif du conflit, largement nourri par l’absence d’empathie des tutelles et des employeurs.

L’étrange silence mutique du gouvernement

Lors de son discours de politique générale, Édouard Philippe n’a pas eu un mot pour ses personnels pourtant essentiels au service public. On comprend mal pourquoi ces fonctionnaires hospitaliers qui sauvent des vies et se font agresser parfois par des patients agités, ne sont pas plus soutenus par les autorités ministérielles.

On tient là un beau cas d’arrogance des élites parisiennes pour les travailleurs ordinaires qui expriment leur désespoir dans une solitude et une indifférence désolante. Alors même qu’à l’issue de la crise des Gilets Jaunes, on pouvait penser que le gouvernement aurait retenu la leçon et ferait preuve d’humanité, son manque d’empathie oppose un démenti cruel à toutes les idées qui pouvaient planer sur ce sujet.

Gérer un conflit social sans empathie?

On va regarder de près comment le gouvernement s’y prend pour résoudre cette crise sociale sans exprimer la moindre empathie pour la souffrance de ses personnels. Après tout, c’est peut-être nous qui ne savons pas y faire, et il est peut-être possible de résoudre une crise sociale par l’indifférence et le mépris.

Intuitivement, on pense que non. Mais regardons comme le miracle peut s’opérer. D’ici là, vous pouvez retrouver ici le podcast que nous consacrons à ce dossier.

Nous restons néanmoins convaincu que, socialement, il est plus sage de rassembler les personnels et de leur manifester de l’empathie en cherchant une solution négociée avec eux. Sur ce point, ne manquez pas nos conseils en matière de négociation d’entreprise.

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